Interlude maritime...
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De mi-mai à mi-juin, je l'avoue, j'ai été héroïque ! Je n'ai quasiment pas regardé la télé, très peu écouté les infos, pas lu le journal... Pas grand chose à me mettre sous la dent pour pondre un édito, donc...
plutôt, je vous narrais les émotions vagabondes générées par quelques notes et paroles amies, lors d'un récent concert privé aytrésien et plus particulièrement ce moment où, pourtant entouré d'une cinquantaine d'autres spectateurs, je me retrouvai soudain seul, transporté par quelques mots évocateurs vers des époques lointaines...
La taille de pierre dès seize ans, les Monuments historiques, la fonderie d’art... Après ces "gammes", Fabrice se lance un temps dans le commerce, avec succès. Mais sa vraie nature reprend vite le dessus : "J’avais l’impression de passer à côté de ce que j’étais... et puis moi, ce qui m’intéresse c’est l’inconnu, pas le connu !". Il réalise donc son envie secrète : sculpter ! Il fait alors le praticien, l’artisan, en travaillant pour une quarantaine de sculpteurs ou fondeurs d’art. Il accumule un savoir-faire. Petit à petit son travail "monte", les prémices de son œuvre émergent. Au fil des années il "rencontre sa clientèle", participe à des concours, reçoit des prix, jusqu’au plus récent : le prix des Mouettes 2008 (1er prix de sculpture) décerné par le Conseil Général de la Charente-Maritime.
Sa matière de prédilection en sculpture est de toute évidence le métal. Quand on lui en demande la raison, voici ce que répond Fabrice : "Cela a été un coup de cœur... Un jour, par hasard, j’ai poussé la porte d’atelier d’un fondeur d’art auquel j’ai proposé mon aide gratuitement. Le gars a accepté. Ce premier contact n’a pourtant pas été concluant et je me suis même dit : Plus jamais ça ! C’était un vieil atelier, une fonderie au sable, on bouffait de la fumée, c’était crade... J’ai alors compris qu’en sculpture c’était le bronze le métal noble, juste derrière l’or et l’argent. Par les armes et la monnaie, le bronze appartient en effet à une mémoire collective. Et surtout c’est un multiple, au niveau de la législation des œuvres d’art : on a le droit de reproduire une œuvre en huit exemplaires originaux dans une échelle donnée, plus quatre autres dits d’artiste. Cela implique qu’on peut appliquer à une œuvre d’art une stratégie commerciale tout en conservant la dimension artistique...".
Son œuvre est un mélange de finesse, de grâce et de poésie, un univers onirique incroyable, qui transparaît jusque dans ses commentaires : en expliquant la sculpture, le moulage, la fonte, la cuisson, ou encore ce qu’est la cire perdue, en décrivant sa façon de "laisser flotter une idée" avant de la mettre à exécution, de s’en débarrasser par la création, notre lascar a l’œil qui pétille, la voix qui chante ! Il communique "l’étincelle" et on comprend ce qu’il entend en parlant de son œuvre avec des termes tels que "voyage, invitation, regard, alphabet de formes..." : Il est ses créations et Elles sont lui ! 