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Dilemme...

"Le monde est un livre, et ceux qui ne voyagent pas n'en lisent qu'une page."
(Saint Augustin)


Egypte - Au dessus du désert.


Il y a cependant un revers à la médaille : l'empreinte écologique ! Plus on voyage, plus on pollue *... Cruel dilemme !


Egypte - Au dessus de la Mer Rouge.


Ou alors, il faudrait procéder comme les anciens : tout à la rame, à la force humaine...


Karnak - Temple d'Amon - Sanctuaire Barque Sacrée.



* Trajet aérien aller et retour Nantes (France) - Hurghada (Egypte) = 7582 km.
   Consommation par passager = 295 kg de carburant.
   Emission de CO2 par passager = 920 kg.
   Empreinte écologique (Warming effect) : l'équivalent de 2750 kg de CO2 
   par passager (tient compte d'autres critères : déplacements 
   connexes, autres matières polluantes générées par le trajet...).



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Hé dites, Ho !

Juin 2011

Superficialité estivale...


De mi-mai à mi-juin, je l'avoue, j'ai été héroïque ! Je n'ai quasiment pas regardé la télé, très peu écouté les infos, pas lu le journal... Pas grand chose à me mettre sous la dent pour pondre un édito, donc...


Alors, je pourrais vous parler de banalités diverses... du claquement des voiles et du cri des mouettes, qui construisirent ou effilochèrent mes pensées lors de mes deux dernières sorties en mer... Je pourrais tenter de vous décrire le clapotis des vagues contre la coque et ce doux bercement, qui me firent somnoler alors que je m'étais allongé dans la cabine de ce joli voilier rochelais...


Et si, plutôt, je vous narrais les émotions vagabondes générées par quelques notes et paroles amies, lors d'un récent concert privé aytrésien et plus particulièrement ce moment où, pourtant entouré d'une cinquantaine d'autres spectateurs, je me retrouvai soudain seul, transporté par quelques mots évocateurs vers des époques lointaines...

 
Ou encore pourrais-je tenter de vous faire entrevoir le coucher de soleil flamboyant, aperçu à l'horizon miroitant des flots oléronais, alors que je philosophais modestement sur quelques aléas de la vie, le cul posé sur une dune de sable blond... 


Ou encore... Non ! Je vais stopper là mon énumération... Vous finiriez par croire que je suis du genre à rédiger sans vergogne un édito sur fond de superficialité !

Au fait, que se passe-t-il avec DSK en ce moment ? Y'a un souci ?!



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FABRICE LEBAR...

La Fusion, au propre comme au figuré !


Inutile d’aller bien loin pour s’évader. C’est le cas lorsqu’on tombe sur Fabrice Lebar, sculpteur, fondeur d’art et peintre de son état, né à La Rochelle et établi à Mornac-sur-Seudre... Quelques heures passées à son atelier et on ressort transformé, comme envoûté : on vient d’entrer en collision avec une autre dimension, celle d’un artiste pas banal... d’un poète bâtisseur ! Attention aux yeux : récit visuel...

Tout petit déjà...

L’Art, selon Fabrice Lebar, c’est avant tout le regard que l’on pose sur les choses. La création découle de la façon de s’émouvoir, de percevoir. Le bonhomme dit l’avoir toujours ressenti ainsi, avant même d’entrer en contact avec les formes et la matière...

La taille de pierre dès seize ans, les Monuments historiques, la fonderie d’art... Après ces "gammes", Fabrice se lance un temps dans le commerce, avec succès. Mais sa vraie nature reprend vite le dessus : "J’avais l’impression de passer à côté de ce que j’étais... et puis moi, ce qui m’intéresse c’est l’inconnu, pas le connu !". Il réalise donc son envie secrète : sculpter ! Il fait alors le praticien, l’artisan, en travaillant pour une quarantaine de sculpteurs ou fondeurs d’art. Il accumule un savoir-faire. Petit à petit son travail "monte", les prémices de son œuvre émergent. Au fil des années il "rencontre sa clientèle", participe à des concours, reçoit des prix, jusqu’au plus récent : le prix des Mouettes 2008 (1er prix de sculpture) décerné par le Conseil Général de la Charente-Maritime.


De la technicité à la maturité

Sa matière de prédilection en sculpture est de toute évidence le métal. Quand on lui en demande la raison, voici ce que répond Fabrice : "Cela a été un coup de cœur... Un jour, par hasard, j’ai poussé la porte d’atelier d’un fondeur d’art auquel j’ai proposé mon aide gratuitement. Le gars a accepté. Ce premier contact n’a pourtant pas été concluant et je me suis même dit : Plus jamais ça ! C’était un vieil atelier, une fonderie au sable, on bouffait de la fumée, c’était crade... J’ai alors compris qu’en sculpture c’était le bronze le métal noble, juste derrière l’or et l’argent. Par les armes et la monnaie, le bronze appartient en effet à une mémoire collective. Et surtout c’est un multiple, au niveau de la législation des œuvres d’art : on a le droit de reproduire une œuvre en huit exemplaires originaux dans une échelle donnée, plus quatre autres dits d’artiste. Cela implique qu’on peut appliquer à une œuvre d’art une stratégie commerciale tout en conservant la dimension artistique...".

Après ce premier essai, Fabrice effectue un stage chez un autre fondeur d’art. Ce dernier lui dit "Toi, t’as la fusion !". Et effectivement la première fois que Fabrice verse le métal en fusion dans le moule (température : 1200°), il "ressent un truc..." : "C’est passé à travers ma colonne vertébrale... une sorte d’animalité, comme quand tu rentres en amour !". La suite ? Elle est dictée par son côté pugnace : en quinze ans, après s’être donné les moyens de sa passion, il parvient à la maîtrise... car comme il l’explique : "dans ce métier, il faut dix ans pour acquérir et dix ans pour dépasser !".

Son œuvre est un mélange de finesse, de grâce et de poésie, un univers onirique incroyable, qui transparaît jusque dans ses commentaires : en expliquant la sculpture, le moulage, la fonte, la cuisson, ou encore ce qu’est la cire perdue, en décrivant sa façon de "laisser flotter une idée" avant de la mettre à exécution, de s’en débarrasser par la création, notre lascar a l’œil qui pétille, la voix qui chante ! Il communique "l’étincelle" et on comprend ce qu’il entend en parlant de son œuvre avec des termes tels que "voyage, invitation, regard, alphabet de formes..." : Il est ses créations et Elles sont lui !

  

 Une autre facette...

Mais l’artiste n’est pas que cela : il a récemment ouvert une autre porte de son jardin secret : la peinture. Cet univers a rejoint le premier et le complète désormais... : "C’est mon Monde, ça avance... Mes acquis me permettent de ne plus me poser les questions techniques et je trouve les solutions plus rapidement... Je peux me laisser embarquer au fil de mes balades ! Et tant mieux si cela me permet de vivre... non pas de mon art, mais du produit de mon art !".

Le résultat est là : ses toiles, dans un savant mélange de réalité et de poésie, nous transportent entre coques de bateau et inscriptions maritimes, graffitis et taches de rouille, rivets et tags... entre milieu côtier et urbanité. Tous les sens sont sollicités, même, avec un peu d’imagination, l’odorat... car l’océan n’est jamais loin dans l’œuvre de notre mornaçon.


 
 

Citation de Fabrice Lebar :

Prendre un chemin, ignorer sa destination,
Placer des signes, immobiles...
Se jouer des contraintes.
L’échange s’installe,
Cette nourriture prolonge le voyage...
"Parfum Pêche Passion"...

 

Il y a deux ans, curieux de connaître le quotidien d’un marin-pêcheur, j'eus la chance d'embarquer avec Gaël, patron royannais de "petite pêche".
Récit d'une journée enrichissante, retranscrit spécialement pour vous sur Ho' Blog...

Trois heures du mat’... Je me joins à l’équipage du "Gladiator", nom guerrier de ce "fileyeur-ligneur". Un peu moins de onze mètres et 9,85 tonneaux, il arbore une belle couleur dominante rouge. Gaël, 44 ans, le Boss, nous sort du port dans la nuit étoilée. Direction : les filets posés la veille à quelques encablures de Royan, entre Cordouan et Bonne-Anse. Il fait doux, la mer est plate. Geoffrey, alias "Jo", 20 ans et Jean-Christophe, alias "Moumoune", 46 ans piquent un somme dans la cabine exiguë, assis à même le sol, malgré le bruit du moteur omniprésent. Gaël, à la barre, fume une clope et m’explique le programme : on s’apprête à "virer" (remonter) les premiers filets, des sections de 2 x 1000 mètres. Il s’agit de filets "dormants", destinés à prendre des poissons de fond, lesquels viennent se coincer dans les mailles par leurs ouïes. Bientôt, l’équipage s’active. A la lumière du projecteur, j’aperçois la première bouée, surmontée des fanions caractéristiques : elle matérialise l’un des emplacements où on a « filé » (posé) la veille. A l’aide d’une gaffe, Moumoune récupère puis engage la corde dans le vire-filet. La remontée commence et les premiers poissons apparaissent, essentiellement des soles. Gaël et Moumoune sont à la "goulotte" : ils récupèrent les prises entortillées dans les mailles. Gaël doit en plus stabiliser le bateau, moteur au ralenti, l’orienter dans le courant, à l’aide des instruments à sa portée : double commande, écran de cap, GPS... Le rythme est soutenu car le vire-filet tourne sans cesse. Il faut simultanément faire avancer le filet, y récupérer les prises, en ôter les impuretés (algues, crabes...), le désentortiller et le mettre dans le bon sens. C’est primordial, afin qu’une fois arrivé au bout de la goulotte le filet, tiré à bout de bras par Jo, se présente bien sur le "yoyo", et se place correctement dans le "parc" (bac). A l’étape suivante, il peut ainsi être remis à l’eau, jusqu’au lendemain. C’est sans discontinuer : les trois marins enchaînent les actions et il y a peu de moments de répit. Un vrai travail d’équipe, en totale coordination, en parfaite osmose. A de rares moments, une courte pause est possible, quand on ne file pas immédiatement après avoir viré. Les gars ont alors quelques minutes pour fumer, boire un café ou avaler un en-cas. Le jour s’est levé. Les heures défilent. Quinze kilomètres de filet plus tard, les soles, raies, seiches, maigrettes et autres bars sont empilés en vrac dans les bacs. Le Gladiator fait retour, mais nos marins n’en ont pas fini : il faut étriper les soles, préparer et trier les prises, les laver, faire la mise en bac, filmer, glacer, nettoyer le pont. A l’arrivée au port, tout est fait et il n’y a plus qu’à peser et à déposer les trois cents kilos de poisson dans les frigos de la criée. Il est quatorze heures. Fin de journée de "petite pêche" : un travail peinard, non ?!




L'interview qui tue...

Ho : quel regard portes-tu sur la profession ?

Gaël : c’est le plus beau métier du monde, mais régi sans bon sens, par des gens qui ne connaissent pas sa réalité !

Ho : quel avenir pour la pêche ?

Gaël : beaucoup d’inquiétude ! Restrictions envisagées sur la pêche du bar, disproportion entre la grosse et la petite pêche, incohérences de Bruxelles concernant les quotas et l’attribution des aides, pillage des ressources par les gros chaluts étrangers, prix du carburant et charges en hausse, coût du matériel, de l’entretien, etc. On reproche à la pêche en général d’affaiblir la ressource, mais celle-ci est déjà diminuée par les erreurs de la société : pollutions agricole et industrielle qui déversent nitrates et polluants dans la mer ! Ici on est de l’estuaire, beaucoup en vivent : si le terminal méthanier venait à s’implanter, c’est la mort annoncée de la pêche royannaise !

Ho : Ton meilleur souvenir ?

Gaël : Pas un souvenir, une satisfaction : ce métier, c’est ma passion. Celle-ci me permet de nourrir ma famille, depuis bientôt 20 ans, en étant libre, à l’air pur... toute l’année !

Ho : Ton plus mauvais souvenir ?

Gaël : Le jour où j’ai remonté le corps de mon ancien patron dans ses filets, juste après son naufrage... Une semaine avant, j’étais encore à son bord !

Ho : Ton coup de gueule ?

Gaël : Le monde de la plaisance est protégé, pas celui de la pêche. Tout est fait pour le tourisme. Tout le monde s’en fout que les estivants nous endommagent nos lignes en pêchant à la traîne ou qu’un gros chalutier espagnol nous ruine 500 mètres de filet. Pourtant on appartient au patrimoine local. A ce rythme, on est voué à disparaître... Et Royan sans son port de pêche, ce ne sera plus le même paysage, la même station balnéaire !

Ho : Heureux ou pas ?

Gaël : Y'a pire ! Oui, malgré tout ça, je suis heureux. 


Citation de Gaël  : L’Océan est ma vie, c’est mon jardin !


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Vague à l'âme...

"Là, le bruit des vagues et l'agitation de l'eau, fixant mes sens et chassant de mon âme toute autre agitation, la plongeaient dans une rêverie délicieuse..."
Les Rêveries du promeneur solitaire [Jean-Jacques Rousseau]


 
"Et leurs pensées, orageuses tout à l'heure, se faisaient douces, comme des vagues qui s'apaisent."
Bouvard et Pécuchet [Gustave Flaubert]

Requin ? Si !
Drôle d'animal !
Encore une facétie de mère Nature,
toujours plus créative que nouzot', pôv' z'humains !
Requin Scie
Aquarium de La Rochelle (17)
Avril 2010


Info : cette espèce aime manger de la bûche
et regarder les films de... Sissi !